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La civilisation de la vallée de l'Indus




Avant la découverte de Mohenjo-Daro dans les années 1920, les archéologues auraient affirmé qu’aucune véritable civilisation n’avait pu exister dans la vallée de l’Indus, au Pakistan, il y a environ 4 500 ans.
Depuis 1921, une succession de découvertes dont la cité d’Harappa puis celle de Mohenjo-Daro ont prouvé l’existence d’une culture jusqu’alors inconnue.
La civilisation de la vallée de l’Indus a inventé une écriture à ce jour indéchiffrée et a manifestement marqué la culture indienne.
Mais, le plus grand mystère de cette civilisation reste l’abandon de ses cités et sa disparition.


Le peuple de l’Indus

Harappa
Ruines de d'Harappa

La civilisation de l’Indus est  peuple qui a vécu sur un territoire immense. Ce peuple parlait une langue inconnue des anciens et utilisait une écriture aujourd’hui encore indéchiffrable. Ces hommes ont construit de grandes villes divisées en quartiers mais avec une logique qui échappe encore aux scientifiques.
En effet, nous n’avons retrouvé ni temples, ni palais. Les premiers habitants de la vallée de l’Indus ont commencé à édifier des villages vers le VIIe millénaire avant notre ère.
Puis, entre 3 200 et 1 800 ans avant notre ère, de grandes villes s’épanouirent.
En 1921, des fouilles débutèrent à Harappa. Les archéologues mirent au jour les maigres vestiges d’une grande cité.
En 1922, un archéologue indien qui cherchait les vestiges d’un ancien temple bouddhiste mit au jour, à 640 kilomètres d’Harappa les ruines d’une civilisation protohistorique. C’est une véritable métropole qui sortit de terre : Mohenjo-Daro.
Les imposants murs d’enceinte d’Harappa ont été datés à une période allant de 2 700 à 2 600 ans avant notre ère.

Mohenjo-Daro
Mohenjo-Daro

Les chercheurs ont d’abord pensé que cette civilisation était constituée de colonies provenant de Mésopotamie. Mais, les fouilles ont révélé que ce peuple avait ses caractéristiques propres. Pour l’instant, faute de nouveaux indices, officiellement la plus ancienne civilisation indienne est née sur les rives de l’Indus tout comme l’Egypte s’est développée sur le Nil.

Mais alors qui était cette civilisation restée si longtemps dans l’ombre ?

Mohenjo-Daro, la «colline des morts», quant à elle fait toujours l’objet de recherches mais aussi de vives controverses.
Depuis sa découverte, d’autres cités antiques de l’Indus ont été retrouvées comme Dholavira ou Ganweriwala.

Apparemment, ce peuple était un peuple de marchands. Tout porte à croire qu’ils ne disposaient d’aucune supériorité militaire. Tout atteste le caractère pacifique de ce peuple qui possédait une supériorité culturelle. À la lumière de la dispersion des objets manufacturés de la civilisation de l'Indus, son réseau commercial intégrait une immense zone, incluant des parties de l'Afghanistan, du nord et du centre de l'Inde et s'étendant des régions côtières de la Perse à la Mésopotamie.

On se perd en hypothèses sur leur système social et sur leur religion. Il ne s’agit nullement comme c’est le cas pour la civilisation égyptienne d’avancée technologique subite. L’évolution semble avoir été progressive. Après près de 100 ans de recherches, on commence à mieux comprendre l’évolution de cette civilisation.
On pourrait représenter cette évolution de la manière suivante :

Sceau d'un marchand
Sceau d'un marchand de la vallée de l'Indus
  • Entre 8 000 et 5 000 ans avant notre ère : les techniques de la métallurgie se diffusent dans toute l’ Eurasie. L’agriculture et le commerce apportent la richesse. Les villages croissent et deviennent de véritables villes.
  • Entre 4 000 et 2 600 ans avant notre ère : les archéologues parlent d’une « époque de rationalisation ». Les régions du bassin de l’Indus commencent à constituer une identité culturelle spécifique. Acette époque apparaît un nouveau modèle d’urbanisme. Les agglomérations sont divisées en deux secteurs. Il est probable que les secteurs étaient habités par des classes sociales distinctes.
  • 2 600 à 1 900 ans avant notre ère : c’est «l’époque de l’intégration». Cette période désigne la manière dont les cultures régionales ont conflué en une seule grande civilisation.
    Toutes les villes dispersées dans un rayon de milliers de kilomètres utilisent la même écriture et les mêmes sceaux en stéatite. Ils décorent leurs vases avec les mêmes dessins et les poids utilisés sont les mêmes partout.
    Ce processus d’unification sur un territoire aussi immense reste inexpliqué.
  • 1 900 à 1 600 ans avant notre ère : c’est «l’époque de la localisation». Au cours de ces deux siècles, les villes sont progressivement abandonnées, l’écriture est négligée et des techniques tombent en désuétude.


La ville de Mohenjo-Daro

Reconstitutoin de la ville
Reconstitutoin de la ville

Le caractère le plus stupéfiant des villes harappéennes est la complexité de leur urbanisme. Ces villes s’étendaient sur un périmètre de 100 à 200 hectares au minimum.

La ville de Mohenjo-Daro n’échappait pas à cette règle. On peut la comparer aux grandes villes américaines. D’ailleurs, les archéologues l’ont surnommé « le Manhattan de l’âge de bronze ». En effet, on peut voir une douzaine d’artères tracées au cordeau traverser la ville du nord au sud, coupées d’est en ouest par des rues plus étroites qui délimitaient des pâtés de maisons.
Cela évoque le quadrillage du prestigieux quartier new-yorkais.

Les rues étaient pavées avec des centres administratifs imposants. Il y avait des rangées de petites maisons en briques dotées de toilettes privées et d’égouts.

Au centre de Mohenjo-Daro se dressait la citadelle, vaste édifice abritant des salles de fêtes et des bureaux. A proximité, des bains publics avaient été construits. Mohenjo-Daro abritait également ce qu’on a baptisé le « Grand Bain », une piscine de 12 mètres de long sur 7 de large pour 2,40 de profondeur. On pense qu’elle servait pour des cérémonies d’immersion car on retrouve les bains rituels dans la religion de l’hindouisme.

Les égoûts de la ville
Les égoûts de la ville

Les rues étaient bordées de magasins. A l’intérieur des maisons, il y avait généralement un puits et même quelque fois une salle de bain avec un bac à douche.
En l’absence de canalisations, ces maisons ne disposaient pas bien sûr de l’eau courante. Par contre, il existait un système d’évacuation des eaux usagées utilisant des conduits d’argile.
Ces tuyaux rejoignaient les égouts amovibles, en pierre, à chaque croisement, facilitant l’entretien du système.
Ce peuple était apparemment épris d’ordre et d’hygiène. Dans les ruines du site de Mehrgarh, les archéologues ont découvert l’équivalent de nos décharges industrielles. On y mettait les rebus du travail des peaux, du cuivre, du talc, des coquillages etc.

D’autres bâtiments restent toujours énigmatiques. A Harappa et Mohenjo-Daro, il existe deux édifices étranges avec un socle divisé en blocs, qui supportait probablement une construction en bois. On a cru au départ qu’il s’agissait de greniers mais cette hypothèse est de plus en plus écartée. Finalement ils restent un mystère.
De même, n’ayant retrouvé aucun édifice religieux, on suppose que cette civilisation adorait ses divinités en plein air.

La question reste donc toujours la même : pourquoi une civilisation aussi évoluée a-t-elle abandonné ces villes ?

Le grand bain de Mohenjo-Daro Les «greniers»
Le grand bain de Mohenjo-Daro Les «greniers»

L'abandon des cités

Le «Prêtre-Roi»
Le «Prêtre-Roi» : On a découvert plusieurs sculptures de ce personnage qui n'est toujours pas identifié

Déjà aux environs de 1 600 ans avant notre ère, les villes étaient à l’abandon. De nombreuses théories ont été émises pour expliquer ce déclin.

On a tout d’abord pensé que la civilisation de l’Indus avait été renversée par une invasion indo-européenne, qui auraient provoqué la rupture des relations commerciales avec les autres pays. On a retrouvé des squelettes portant la trace de blessures à l’arme blanche. Il y aurait donc bien eu un conflit. Les fouilles relatives à cette époque ont révélé des destructions, des incendies et des squelettes sans sépulture. Cependant, les squelettes sont fort peu nombreux et on a retrouvé aucun fragment d’armes. L’invasion massive d’une autre civilisation capable d’éradiquer celle en place aurait laissé bien plus de traces.
On constate en parallèle un retour en arrière dans la technique de céramique par exemple.

L’eau est peut-être la cause de cet abandon. En effet, des recherches archéologiques ont révélé que la civilisation de l’Indus devait lutter constamment contre les inondations. Certains quartiers de Mohenjo-Daro auraient été reconstruits huit fois. Mais, il n’y a aucune trace d’une catastrophe naturelle qui aurait touché l’ensemble des cités.

Plusieurs facteurs sont sans doute intervenus et ont conjointement provoqué ce déclin. À vrai dire, la raison de la chute de ce peuple et ce qu’il est devenu ensuite est très floue et sujet à polémique. Cependant, le fleuve et les changements climatiques ont certainement joué un rôle dans le déclin de cette civilisation.


Une explosion nucléaire ?

Plus récemment, une théorie assez révolutionnaire a été énoncée. Les scientifiques Davneport et Vincenti ont déclaré que la ville de Mohenjo-Daro avait été ravagée suite… à une explosion nucléaire.
Ils ont trouvé de grosses strates de glaise et de verre vert. Les archéologues supposent qu’une très forte température a fait fondre de la glaise et du sable qui ont durci immédiatement après.
De semblables strates de verre vert ont été retrouvées dans le désert du Nevada après chaque explosion nucléaire.

Trinitite
Strate de verre vert, également appelé Trinitite

L’analyse moderne a confirmé que des fragments de la ville avaient fondu au contact d’une très haute température. Les douzaines de squelettes qui ont été trouvés dans la région de Mohenjo-Daro présentent une radioactivité excédant la norme de presque 50 fois.

Ces analyses scientifiques nous ramènent à la grande épopée indienne, le Mahabharata. Elle contient des mentions d’une arme prodigieuse aux effets dévastateurs. Un des passages parle d’une «coquille», qui étincelait comme le feu, mais sans dégager de fumée.
«Quand la coquille a touché le sol, le ciel est devenu obscur, les tornades et les tempêtes ont ravagé les villes. Une horrible explosion a brûlé des milliers de gens et d’animaux, les réduisant en cendres.»

Bien sûr, on a du mal à imaginer qu’à une époque aussi lointaine des armes nucléaires ont pu être utilisées. Le texte est troublant quand on le met en parallèle avec les dernières découvertes. Il a été démontré récemment que des réacteurs nucléaires naturels pouvaient exister (voir cet article). Pourrait-il alors s’agir d’un phénomène naturel qui aurait provoqué un cataclysme ? L’épicentre du choc a été détecté au centre de la ville. A cet endroit, toutes les maisons ont été nivelées. A la périphérie, les destructions sont moins importantes.
L’énigme de Mohenjo-Daro reste entière pour le moment. Cependant, si l’on suppose qu’une catastrophe s’est abattue sur cette cité, cela n’explique pas l’abandon des autres villes. Mohenjo-Daro et Harappa sont les métropoles les plus connues mais il existait au moins trois autres villes aussi importantes et encore d’autres de moindre importance.


La civilisation de la vallée de l’Indus a en tout cas marqué l’Inde. Bien des aspects de l’Inde d’aujourd’hui puisent leurs racines dans la civilisation inconnue.


Pour aller plus loin

  Le mystère des cités incas


Archéologie  Énigmes  Histoire

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